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Un rêve. Celui de se réveiller, sentir la saveur de chacune des couleurs et respirer. Sourire, sans se demander « pourquoi », pourquoi devoir continuer. Ce matin où chaque forme deviendrait courbe de bonheur. Se lever alors et chanter, des compositions simples et sans douleur, pouvoir s’abaisser sans souffler puis juste regarder. Au loin, l’horizon, le trait imparfait d’une perfection sans nom. Ses couleurs - reflet du temps - et ces quelques heures, si lentement, qui s’enfoncent en profondeur.
Un rêve. Celui d’aller me coucher, sentir la courbe de mes lèvres - une étincelle - et respirer. Sourire, sans me demander « comment », comment pouvoir continuer. Une nuit de rêve si proche de la réalité que chaque chimères seraient bien tristes si désirées. Allongée, apaisée, jouir de cette faculté, celle de pouvoir s’abandonner.
Le rêve n’est que triste volupté. Se réveiller, sentir la fraîcheur de l’air et suffoquer. Pleurer en se demandant « pourquoi », pourquoi une telle réalité. Les faits ont creusés les traits, formes et contours d’une douleur incurvée. Des saveurs devenues aigreur, un visage pâle et sans couleur. Au loin ou ici comme ailleurs, le noir, forme imparfaite qui reflète les tristesses du cœur. Et toujours ces quelques heures qui foncent et enfoncent les trop peu de source de chaleur.
Un rêve peut-être. Ne plus jamais se réveiller.