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Publié le par Azael

Amélie déteste les fruits mais les fruits, eux, aiment Amélie. Amélie est une petite fille, triste et sans couleur. Le soir, lorsqu’elle s’endort, elle rêve. Elle rêve d’images, noires, rouges, de formes qui pilotent des fraises, des pommes et qui se transforment en épice, en pâtes ou même en riz. Amélie n’aime pas la vie. Et savoir si la vie, elle, l’apprécie, n’est inscrit dans aucun de ses récits. La petite souffre qu’on lui résiste et quand elle crie, c’est tristement par survie. Montrer qu’elle subsiste, qu’elle aussi peut s’affirmer, simplement y arriver.  Le problème des fruits pour Amélie, c’est la fatalité de ne jamais pouvoir y arriver. Et même si la petite se nourrit, elle refuse de ne pas avoir la chance d’essayer. Amélie a ce qu’on appelle une maladie. Ingurgiter le moindre fruit est volonté même de pêcher, mourir par triste fatalité. Alors elle préfère les détester et, d’aussi tôt qu’elle se souvienne, elle monte des scènes où fraises, bananes et pommes sont des bandits. Le meurtre de sa mère - les fruits-, la mort de son père - les fruits-, et cet hôpital - les fruits -. Un papa qui s’est suicidé peut vite amener à la folie quand auparavant, une maman qui lui sourit se retrouve égorgée pas si loin de son lit.

Et dans ce champs où Amélie s’est enfuit, il y a un triste pommier. Sombre végétal abandonné. Seul, lui aussi ses amis sont partis. Bien sûr, si Amélie les a toutes mangées, c’est par solidarité, prouver qu’elle aussi peut exister.

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